Item : Souvenirs des compositions

.

Général

Description

Émile Benoit parle de son rapport à la composition, à la mémoire et à la nouveauté.

Personnes

Enquêteurs
André Magord
Informateurs

Indications géographiques et culturelles

Lieux
L'Anse-à-Canards
Langues
Français de Terre-Neuve
Contexte d'enregistrement
Enquête chez l'informateur

Données d'archivage

Cote
MFLA_MAG_0002_0001_027
Cote de l'item dans l'institution partenaire
C13103B - 07
Remarques concernant les données d'archivage
- Copie numérique Ressources culturelles franco-terre-neuviennes. - Document déposé au Centre scolaire et communautaire Sainte Anne, La Grand Terre, octobre 2010 par Ronald Labelle. - Inventaire par Steeve Ferron.

Données techniques

Durée estimée
00:07:41

Médias associés

Description

Genres

Domaine(s)
Témoignage

Texte/Paroles

Paroles

Légende :
A.M. : dit par l'enquêteur
Italique : anglais
Normal : dit par l'informateur·trice

É.B.— Il est bon morceau. Il y a un beau swing dedans, un bon… un bon ramage, j’appelle ça. Oui. Mon verre est ici, là.

A.M.— Tu veux un bonbon ?

É.B.— Non. Prends…

A.M.— Tu n’en veux pas. Non, moi, ça y est. J’en ai eu un.

É.B.— Oui. Donne-moi un verre d’eau. Merci. [Il boit.]

A.M.— Tu composes encore beaucoup ? Tu composes souvent ?

É.B.— Ah, mais pas tant. Pas tant. Oui, cet hiver, en mars, j’ai composé ces affaires-là que j’ai jouées, oui. La seule manière… J’ai de la misère à attraper. Là, je suis obligé de le mettre sur le tape là pour… Ah, là. Oui. Asteure, quand j’aurai ça [de] bien pratiqué, bien là, j’en composerai peut-être bien encore […]. Puis là, je pratique ça encore […] comme 150 dans la tête. C’est pareil comme aller à l’école. C’est la même chose. Votre ouvrage, tu sais, vous n’apprenez pas ça dans une minute. Faut de la pratique et que ça pratique. Faut que ça rentre là. Faut que ça rentre dans la cervelle. Puis quand c’est là comme il faut, bien, asteure, ça n’oublie plus. Puis, mais dame, il faut que vous pratiquiez, tu sais, ça pas mal souvent. Hein ? Parce que si vous quittez ça pour deux trois ans, vous allez encore l’oublier. Parce qu’il y en a tant, tant d’affaires qui passent dans la cervelle, hein.

A.M.— C’est ça. C’est vrai.

É.B.— Il y a une petite cell pour toutes les affaires qui te passent dans la tête, hein. Mais des fois, c’est loin. Tu dis : « God ! Si je pourrais donc me rappeler de ça ». Puis tu penses et tu penses. Bientôt, ça travaille, ça travaille, bang [Il tape des mains] : quand que la cervelle attrape, ah, là c’est… Je l’ai. Puis des fois, c’est éloigné. C’est là right, mais c’est parti. Il y a encore… Il y en a d’autres […]. Mon gars, c’est pareil comme les […] pour les cancers puis toutes sortes d’affaires comme ça. Mais les seuls… S’il n’y en a pas de forts assez pour battre le cancer, bien, le cancer va prendre charge. Oui, mais s’il y en a qui… le main one, là, j’appelons ça un tape, hein, un tape worm. Tu as entendu parler de ça ? C’est lui qui hale tout le […] pour vivre, ce ver-là. Il hale le […]02:53 qui […] vivre. Là. Mais si les autres […] viennent alentour, bien s’il est fort, il va les saboter, il va les manger. Mais s’il vient faible, bien les autres vont prendre charge. Puis là, lui, pour ça, il faut qu’il a de la bonne nourriture puis il faut qu’il a du tonic pour le tiendre fort. Comme ça, ceux-là qui vont venir alentour, il va tous les manger. Que ça soient des cancers ou que ça soient des tumors, il va les manger. Mais s’il est faible, ils vont prendre charge. Oui, c’est ça mon homme. C’est ça que c’est. Puis si tu fais attention à ton tape worm, tu lui fais attention, tu lui donnes du tonic, tu lui fais attention, il n’y a pas de danger, pas besoin d’avoir peur.

A.M.— Je voulais le couper. Je voulais couper, mais ça fait rien. Non, c’est pas grave. Pour le bruit, je voulais couper le frigidaire, mais j’ai pas trouvé le bouton. Ça fait rien. Non, non, non, c’est pas grave. Tu sais combien tu en as composées ?

É.B.— Ah, bien, en tout, j’en ai 200 sûr, 200.

A.M.— Oui ?

É.B.— Oui, mais en masse j’ai oublié, voyez-vous ? Auparavant, je composais tout le temps parce qu’il n’y avait pas de radio. Il n’y avait rien. Bien là, je composais des… Mais il y en a en masse que j’ai jouées aujourd’hui, c’était ma… c’est ma musique, mais c’est moi qui se l’a mis dans l’idée. Puis d’autres fois, ça me ressemble, mais je suis pas sûr. Mais j’en ai composé […]. J’en ai bien passé 200, mais 200 pour sûr.

A.M.— Dommage que tu n’aies pas pu les avoir toutes sur un morceau avec le titre.

É.B.— Oui. Ces temps-là, si j’aurais eu de quoi pour les ramasser comme il y a asteure… Il y en avait des belles parmi. Oh, ça en mettait le monde farouche. Ah, oui. Bien oui. Après que c’est fini, le lendemain, je jouais une autre fois, mais… Ah, oui, je prenais le violon puis je jouais. Je jouais le morceau puis je le savais pas. Ah, oui.

A.M.— Ça venait comme ça

É. B— Ça venait comme ça. Mais sur un autre coup […] j’en jouais un autre encore. « À y-où c’est tu as pris ça ? » ; « Bien, j’ai composé ça ». Puis là, tu les tiens aller[?]05:41. C’est pour ça qu’ils me demandiont pour les danses carrées. Nous autres, avant, il y avait d’autres joueurs de violon, mais c’est moi qu’ils vouliont voir. Parce que c’est pareil comme les chansons : ils composont les chansons […]. « Oh, la belle chanson, la belle… La meilleure chanson j’ai jamais entendue de la vie ». Ils contiont ça, hein ? « Gee ! As-tu entendu la chanson qu’il chantait ? La belle chanson ! ». Oui, mais après un petit bout, c’est pareil comme ton char neuf : « Le beau char ! », hein ? Après une couple de semaines, […] il est bon, mais personne n’en parle. C’est comme ça. […] la même chose tout le temps, tout le temps, à écouter ça. Oui… Tu sais, là…

A.M.— La musique, ça aura été quelque chose d’important dans ta vie, la musique. Ça aura été important.

É.B.— Oui. Oui, je veux dire, il y en a qui jouent, qui composent de la musique puis ils pouvont pas la jouer. Oui, il y en avait un au Cap Breton, là. J’ai vu qu’il composait tous les scotchs, là. Il écrivait. Il pouvait pas jouer, lui. Il pouvait pas jouer, mais il connaissait les notes. C’est tout.

A.M.— Tu en connais des scottishs, toi ?

É.B.— Hein ?

A.M.— Tu en connais des scottchs, toi, des scottishs ?

É.B.— Oui, un petit peu.

A.M.— Tu peux m’en jouer une, là ? Tu peux ? Juste une ?

Voix/Instruments